Noël approche à grands pas et le temps, comme à son habitude, me surprend à nouveau.
L’heure des retrouvailles se profile à l’horizon, les fêtes de famille, les embrassades humides et cette fameuse bûche à la crème que l’on n’aime pas mais que l’on a pourtant tant de plaisir à manger ensemble. Une vague de tristesse m’étreint, un sentiment qui ressemble au réveil d’un printemps mais ne porte pas les promesses et l’éclat d’un été.
Chose étrange que ces grands rassemblements : je me sens vide, plus seule que jamais, si proche des autres et si loin de moi. J’attends ce moment tout en redoutant l’instant où enfin, je poserai mon pied sur le sol glacé de Strasbourg.
Car il est difficile d’exister auprès des gens qu’on aime. Ils nous font sans cesse penser aux moments de la vie présente, celle qui demain ne sera déjà plus. Le futur est là, toujours en avance sur la montre de mon existence. Tic-tac, ce n’est pas encore fini mais c’est inéluctable. Maintenant porte la promesse douloureuse d’un avenir sans eux. Ils sont pourtant mon monde.