le risque de la liberté

La question n’est pas de savoir qui de Jean ou de Simon Pierre est arrivé le premier. Celui qui franchit la ligne d’arrivée ne gagne pas à tous les coups, pour preuve, le destin du second a pris le pas sur le favori. Lafontaine avait une locomotive d’avance en écrivant Le lièvre et la tortue, ou une caravane de retard. Et au fond, nous savons bien qui est arrivé le premier (Jean, 20 ;4) et surtout, qui a marqué de sa pierre (blanche ?) l’ère chrétienne et par là l’humanité. Cela n’a pas d’importance, si ce n’est de nous conforter dans l’idée que l’histoire n’a rien de logique ni de linéaire. Ce qui était écrit avait besoin des hommes pour exister, nécessaire interprétation qui donne plus qu’elle ne prend. Risque aussi, de laisser au libre arbritre le choix de l’équipe gagnante, sans carton, sans sifflet et sans pénaltie.

Nous savourons avec une vanité qui confère à la réalité ce que nous supposons du réel, jusqu’à la tordre pour mieux sentir notre puissance. Pourquoi s’inscrire ainsi dans l’histoire ? Qui suis-je réellement, quel est mon origine, ma destinée ? L’historien aura tôt fait de nous narrer les méandres du hasard et des aventures humaines mais qu’en est il du fond de l’animal politique ? Pourquoi est-il capable de rejoindre une cause et d’en faire l’exact contraire ? Est il libre ? Socrate dirait que c’est notre peur de la mort, de notre finitude, qui nous pousse à tout vouloir posséder. Seule l’exercice de la pensée nous ramène à la quête de vérité, une quête sans fin. Sans ce va-et-vient constant entre la pensée et l’action, nous sommes condamnés à subir sans jamais agir, ou à agir sans jamais réfléchir. Triste choix où la liberté de l’homme ne s’exprime pas.

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