Dans Humeur

Là-bas

Quelques temps déjà que je suis rentrée et je continue ma chasse aux moustiques invisibles. Février, à Paris.

Disons le franchement, ils sont le fruit de mon imagination, exacerbée par une habitude qui ne me quitte pas si facilement. Sursauts en pleine nuit, certaine à mettre ma main à couper qu’ils sifflent dans mes oreilles. Pourtant, sur place, ils ne me dérangeaient pas tellement. Aujourd’hui, j’en viendrais presque à penser qu’ils me manquent.

Partie avec quelques clichés en tête et trop de vêtement léger, je me suis rendu sur un continent que je ne connaissais pas. Je le fantasmais d’après mes souvenirs d’enfance, Roi Lion oblige, et les journaux de 20 heure, quelle bande de menteurs.
Heureusement, un peu de littérature et des rencontres en chair et en os ne m’avait pas englué dans une attitude trop figée. J’étais toujours prête à l’accueillir comme elle se présenterait. Ni Sahel, ni Serengeti, j’ai évité les lieux les plus cités par nos médias pour me rendre à Libreville. Doux nom pour un cadre où la liberté ne me semblait pas poser problème. Liberté de circuler, de s’arrêter, de klaxonner, de doubler, de traverser, de courir, d’enjamber, de chanter, de boire ou de fumer. Après tout, pourquoi ne pas rouler au milieu de la route si personne ne vient en face.

Liberté de parler de tout, je ne sais pas. Je n’ai pas pratiqué, ni entendu. La contemplation m’a suffit. Des arbres gigantesques, qui me plongeaient dans un monde de Lilliputien, des visages ensoleillés et une chaleur bienvenue m’accueillirent après la neige et la grisaille de l’hiver occidental. Le Gabon m’a présenté sa meilleure face, celle des espaces protégés, des éléphants proche et pourtant intouchable, des marchands de grillade , pas tout à fait dedans, ni franchement dehors, des fruits délicieux et des fleurs épanouis. Y en a-t-il une autre ? Certainement, mais je ne suis pas venu ici chercher la laideur qui existe aussi chez moi, j’étais là comme une enfant qui découvre un monde inconnu, goûte des saveurs bien différentes de celles de mangues Ed et des yaourts parfumés fruits de la passion. C’était les vacances, un ailleurs où la vie se poursuit dehors, à la tombé de la nuit, sans pull et sans sac à main. Au rythme des ballades au bord de mer et des chiens maigres que nous croisions.

Au Gabon, le temps a pris son temps, et la simplicité de la vie m’a rattrapé. Pourquoi faudrait il être si pressé de passé à côté de l’essentiel ?
Paris, quel drôle de vie.

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