Gilbert

Je ne peux pas croire que ton corps se décompose six pieds sous terre. Mais mon esprit revêche  n’accepte pas l’idée d’un Dieu fait homme, mort et ressuscité. La rationalité qui a façonné mon esprit me l’empêche, il faudrait pour mon adhésion un peu de sang grec ou hébreu.

Et pourtant, ce serait un tel soulagement de te savoir bien au chaud, tranquillement assis auprès de ceux qui, avant toi, ont fait le voyage.

 

Ce qu’il me reste, c’est une image. Une source limpide, une étincelle comme tu aimais le dire en racontant Maître Eckart. Un chemin qui se poursuit avec ma vie et ne s’arrêtera pas avec la mort. Le sentiment que la bienveillance et l’espérance dont tu as fait preuve ne quitteront pas le monde des vivants.

Ce don, personne ne le reprend, même pas la mort avec sa violence et son absurdité. Et cette offrande ressuscite au quotidien, dès lors que nous prêtons attention à l’autre et à ce que nous-même sommes capable d’être.

Je ne crois pas à l’au-delà. Je ne peux me résoudre à y chercher un quelconque remède à la tristesse qui m’étreint. Je crois à l’ici et au maintenant, aux fruits de demain que les fleurs d’aujourd’hui portent en promesse.

Je crois en cet autre dans lequel je vois ton reflet et qui m’empêche de céder sous le poids du désespoir.

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